Début de l’engagement

Procédure d’admission

Les candidats au bénévolat doivent être sélectionnés selon une procédure standardisée, afin que toutes les personnes impliquées (collaborateurs rémunérés, personnes investies d’une charge honorifique et autres bénévoles) fassent connaissance et sachent si elles peuvent travailler ensemble. Nous vous recommandons d’inviter les personnes intéressées aussi rapidement que possible et de limiter la durée de la procédure d’admission. L’idéal est de déterminer un cadre temporel à ne pas dépasser, par exemple deux semaines entre le premier contact et l’éventuel moment où le bénévole sera prêt à entamer sa mission.

Entretien de contact

Il est recommandé d’inviter les candidats à un entretien de contact, point de départ d’une collaboration réussie. En effet, l’engagement ne se déroulera de manière positive et à la satisfac-tion de tous que si les deux parties ont au préalable clairement formulé et discuté leurs attentes et motivations. L’entretien doit aborder les aspects suivants (cf. Reifenhäuser/Reifenhäuser 2013: 115):

  • Motivations de l’engagement et motivation du candidat
  • Présentation des possibilités existantes
  • Revue des tâches à accomplir lors de la mission choisie par le bénévole
  • Personnalité, aptitudes et compétences (loisirs, métier, talents, etc.)
  • Temps requis par l’engagement
  • Conditions-cadres 
  • Attentes réciproques

L’entretien de contact doit être mené sur un pied d’égalité pour ne pas donner au candidat le sentiment de passer un entretien d’embauche ou, pis, un interrogatoire. Il exige une certaine préparation et ne doit pas se faire entre deux portes ou uniquement au téléphone. L’idéal est de s’appuyer sur un guide d’entretien.

Refuser une candidature 

Si vous et le candidat constatez qu’il n’y a pas chez vous de mission adaptée (par exemple parce que la personne s’intéresse à d’autres thématiques), que vos valeurs et vos objectifs ne concordent pas, ou que des problèmes corporels ou psychiques s’opposent à un engagement immédiat, il est important que vous sachiez dire non. Cela fera gagner du temps à tout le monde et évitera aux deux parties de nombreux désagréments. Le cas échéant, vous pouvez rediriger la personne vers d’autres organisations de bénévoles. 

Séances d’information pour les groupes 

Si plusieurs personnes sont intéressées par la même offre, vous avez peut-être intérêt à organiser d’abord une séance d’information collective, et à mener des entretiens individuels avec les candidats ayant confirmé leur intérêt. Suivant la taille du groupe, cette option peut vous faire gagner du temps car il faut compter environ une heure pour l’entretien de contact (Rei-fenhäuser/Reifenhäuser 2013: 116). 

Extrait spécial du casier judiciaire 

Depuis 2015, tout employeur (organisation) offrant des activités organisées avec des mineurs ou des personnes particulièrement vulnérables peut exiger un extrait spécial du casier judiciaire. Ce document fait état des interdictions d’exercer une profession ou une activité (même extra-professionnelle), des interdictions de contact et des interdictions géographiques dans le but de mieux protéger les mineurs et les autres personnes particulièrement vulnérables contre les auteurs de délits sexuels déjà condamnés. L’inconvénient est que les personnes enclines à commettre ce type d’abus n’ont pas forcément d’inscription au casier judiciaire. On peut également se demander à quels intervalles il convient de réclamer ce document aux bénévoles qui s’engagent sur plusieurs années. C’est pourquoi le Siège CRS recommande de discuter systématiquement du Code de conduite, de le faire signer par tous les bénévoles, d’investir dans la prévention des abus sexuels et d’aborder le sujet dans les formations sur la gestion de crise. 
Néanmoins, dans certains domaines d’intervention, il demeure utile de demander un extrait spécial du casier judiciaire (dans le service des transports par exemple en raison des infrac-tions routières). 
 

Période d’essai

En fonction de l’engagement envisagé et de l’issue de l’entretien, il peut se révéler judicieux de prévoir une période d’essai, qui permettra à la personne intéressée d’avoir une idée de ce qui l’attend et donc de prendre sa décision définitive en connaissance de cause. Vous pourrez de votre côté vous faire une meilleure impression de la personne. La période d’essai est limitée dans le temps et doit être suivie d’un bref entretien d’évaluation. Pour les activités les plus exigeantes, il est recommandé de faire passer une période d’essai à tous les bénévoles intéressés (cf. Reifenhäuser/Reifenhäuser 2013: 116).

Convention d’engagement et Code de conduite

Si l’entretien et/ou la période d’essai débouchent sur une collaboration, il est recommandé de conclure avec le bénévole une convention d’engagement écrite et de lui faire signer le Code de conduite. 

Convention d’engagement 

Donnant un aperçu des tâches, responsabilités, droits et devoirs qui incombent aux parties, la convention d’engagement témoigne de la réciprocité des obligations qui découlent de l’engagement bénévole. Dans la mesure où elle permet de fixer les limites de l’engagement, elle a aussi une fonction de protection du bénévole et de l’organisation.
Si la convention d’engagement n’est pas un contrat de travail juridiquement contraignant, toutes les personnes concernées ont intérêt à ce que les droits et devoirs des uns et des autres soient clairement définis et consignés par écrit. La convention est signée par les deux parties et, dans le cas des bénévoles mineurs, par le représentant légal. Elle peut être modifiée d’un commun accord par les parties au cours de l’engagement (cf. Reifenhäuser/Reifenhäuser 2013: 123).

Code de conduite

Ce document offre une vue d’ensemble des principes de comportement généraux et particuliers qui doivent être observés par les bénévoles dans divers domaines. Il aborde notamment l’obligation et la diligence, la confidentialité (protection des données), l’intégrité personnelle et la consommation d’alcool et de drogues.
Il a été rédigé avec la participation du Service juridique du Siège de la CRS. Le Conseil de la Croix-Rouge, qui l’a approuvé le 30 janvier 2014, recommande son application dans toutes les organisations membres. 
Les différents points du Code de conduite doivent être commentés avec le bénévole au moment de la signature, de préférence dans un entretien individuel. Cette sensibilisation aux comportements problématiques contribue à prévenir le risque d’abus. Suivant le domaine d’intervention du bénévole, il peut être opportun d’exiger par ailleurs un extrait du casier judi-ciaire ou un extrait spécial du casier judiciaire destiné à des particuliers.